Un dojo zen en ville

Le zen est une pratique de méditation basée sur le recueillement assis : zazen.

La posture du zen peut être adaptée au besoin.

Assis jambes croisées, le dos droit, l’expiration longue, profonde et tranquille, on laisse passer les pensées comme les nuages dans le vaste ciel.  L’esprit se libère et se clarifie. Zazen est la posture d’éveil du Bouddha, transmise depuis des générations de maîtres zen.

Le maître zen Kodo Sawaki (1880-1965)

 

Pourquoi ?

La pratique du zen est un processus d’éveil qui demande une certaine rigueur. Le maintien d’une juste tension du corps et de l’esprit, le maintien  de l’attention nous aide à lâcher prise aux illusions.

L’immobilité face aux phénomènes rebute a priori notre esprit habitué à  les suivre, à sauter de pensées en pensées, d’idées en idées, d’idées en souvenirs, en projets, allumant au passage les feux des passions contraires…. On dit en cela que nous sommes menés par notre « karma » (nos actes accomplis avec une intention particulière) et par les « poisons mentaux » tels que l’avidité, la haine et l’ignorance.

Pratiquer zazen c’est se donner la chance de rompre avec ces processus qui nous entraînent inconsciemment et par lesquels nous perdons la maîtrise de notre vie. C’est se donner un temps pour faire face à ce qui apparaît : observer  et lâcher prise…  Revenir à l’existence pure, avant qu’elle ne soit teintée des poisons de l’envie, de la haine et de la confusion.

« Les nuages sont tranquilles, le soleil et la lune sont à leur place. Au lointain, les oiseaux jouent avec l’ainséïté… »

Pour qui ?

Cette pratique racine des moines et  nonnes zen est ouverte à tous, elle peut se prolonger à chaque instant de la vie quotidienne.
A chaque instant nous pouvons ouvrir notre esprit, avoir un esprit neuf, frais, dégagé. « Etre zen » n’est pas une condition spéciale : c’est être libre,  ouvert à ce qui apparaît, a toute situation, aux autres…  

Notre école est une école d’éveil. Au-delà de son fondateur historique, le terme Bouddha signifie « éveillé ».
La pleine conscience y est pratiquée comme vigilance active, sans attaches.
Observer sans suivre, sans s’enfermer.  Maintenir l’esprit ouvert est le maître mot de notre pratique.

Cette pratique est un remède à la souffrance, le problème racine sur lequel s’est penché le Bouddha. Elle ne se limite pas à la posture assise, elle nous propose de devenir de meilleurs êtres humains. Prendre conscience des autres, prendre conscience de l’interdépendance, se tourner vers un idéal élevé, c’est ce à quoi nous invite la pratique du zen.

Joindre les mains en gassho, c’est revenir à l’unité du corps et de l’esprit.

Comment ?

Par l’assise silencieuse, immobile,  laissant passer toute chose, toute pensée, intention, volition, on s’ouvre à un esprit plus vaste… 

L’enseignement

C’est dans la posture de zazen que le Bouddha s’est éveillé, qu’il a pu comprendre, observer et réaliser profondément sa propre nature. Cette expérience humaine fut en même temps une expérience de sagesse, de libération et de cessation de la souffrance. Par compassion, il n’eut de cesse durant la seconde partie de sa vie d’enseigner la voie qui l’avait libéré.

Dans le zen, l’enseignement racine reste donc la pratique de la posture de zazen, corps et esprit en unité, abandonnant toute préoccupation.

Tout être humain a la nature de bouddha, c’est-à-dire a intrinsèquement le potentiel de s’éveiller et se libérer. C’est à chacun de faire le chemin, personne ne peut pratiquer à la place de l’autre, chaque être humaine est unique.

Cependant, pratiquer seul peut être néfaste, une source d’enfermement, d’auto-illusion. Il est bon de pratiquer en groupe, de se confronter aux autres, de ne pas perdre de vue nos caractéristiques interdépendantes, de maintenir l’aspect social dans notre pratique.

Sur la voie nous sommes toujours à mi-chemin, il est bon de suivre, par-delà nos propres présomptions, des personnes qui ont pratiqué des mois et des années avant nous. Cela permet d’éviter nombre d’embûches et d’illusions.

Au dojo de Jumet, la pratique est transmise suivant un lien profond avec le monastère de Kanshoji. Le responsable du dojo y a fait de longs séjours (plusieurs mois), d’autres pratiquants y font régulièrement des retraites. En outre, nous organisons régulièrement des retraites en Belgique dirigée par l’Abbé de Kanshoji. Il est possible alors d’être guidé plus précisément si certaines questions n’ont pu être élucidées par le responsable du dojo.

Les cérémonies et rituels

Dans le zen, offrir un encens sur l’autel de Bouddha, faire une prosternation, réciter un sutra, ne sont pas de l’ordre de la superstition ou des croyances.
L’enseignement du Bouddha demande de dépasser toute croyance aveugle, il demande d’être à soi-même « sa propre lumière », trouver en soi la source de la sagesse et de la compassion.
Un certain nombre de rituels et de cérémonies sont néanmoins pratiqués, car cela répond à notre nature essentielle.

La manière d’entrer dans le dojo, de se déplacer, de joindre les mains, s’incliner respectueusement : tous ces gestes sont là pour nous ancrer, pour que nous revenions à l’unité du corps et de l’esprit, paisiblement, au présent.
Le zen ne se limite pas à la posture de zazen, il nous invite à être attentifs à chaque instant.

La cérémonie pratiquée en fin de zazen (réciter un sutra ou plus simplement offrir un encens) peut être vue comme une pratique de vigilance et d’attention.
C’est une manière d’abandonner nos rigidités, c’est  aussi une pratique de partage avec les autres.
C’est le moment où nous dédions les mérites de notre pratique à toutes les existences. Notre lien avec toutes les existences  est une dimension essentielle de l’éveil, c’est dans cet esprit que se fait la cérémonie.

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A l'origine de la pleine conscience.

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