Zazen du 14 avril (19h)

Propos de Maître Shohaku Okumura : 

Dans le Genjokoan *, Maître Dogen écrit  : 

« Lorsqu’une personne atteint l’éveil, cela est semblable au reflet de la lune dans l’eau. 
La lune n’en est pas pour autant mouillée, l’eau n’en est pas pour autant troublée… 
Bien que la lune soit une vaste et grande lumière, elle se réfléte dans une goutte de rosée. 
La lune entière, et même le ciel en son entier, se réfléchissent dans une minuscule goutte d’eau… »

La goutte d’eau représente ici le soi, et la lune représente les dix-mille dharmas, c’est à dire les myriades de choses. 
Le soi  « goutte d’eau » dont parle maître Dogen est ici un « noeud » dans le réseau de la provenance interdépendante des phénomènes.
Il n’y a pas de soi sans relation avec ce réseau de myriades de choses… La relation du soi à ce réseau est le soi .
Le soi avale des myriades de choses et les myriades de choses avalent le soi… Qu’est-ce qui est avalé à la fois par le soi et par les myriades de choses…?! 

Dogen dit que la lune est reflétée dans chaque goutte d’eau aussi petite soit-elle.
L’éternité est reflétée dans l’impermanence comme la vaste lumière de la lune pénètre la toute petite goutte de rosée…

En tant que bodhisattva, nous devons comprendre que nous sommes limités, illusionnés, que nos vies sont courtes… C’est important. Mais il nous faut pareillement reconnaître que nous marchons sur un long sentier. Notre pratique est d’examiner la hauteur et l’immensité de la lune.

Bien que nous soyons des individus impermanents et égoïstes, notre vie est d’une profondeur incommensurable et sans limites !
La profondeur de notre vie est la même que la hauteur de la lune. Il nous faut examiner à quel point la lune est haute et vaste et à quel point notre vie est profonde et subtile.  

 

* « Genjo » : idéogrammes ayant trait à la manifestation de la présence dans son unité, et « Koan » signifiant, d’une manière générale une énigme à réaliser sans avoir recours à la représentation.