Méditation du jeudi 2 avril 19 h

De la qualité de la posture dépend la qualité de la conscience.
Les paupières doivent être relâchées, légèrement entrouvertes. Les globes oculaires eux-mêmes doivent être sans tension. Il ne doit pas y avoir de fixité dans le regard. C’est ce qu’on appelle « tourner son regard vers l’intérieur. »

La tête, de même, doit rester sur les épaules, la nuque dans le prolongement du dos. Elle ne doit pas tomber en avant.
Si la tête tombe en avant, quelque part on poursuit quelque chose, on nourrit nos pensées. Ce n’est pas la pratique de l’éveil.
L’éveil doit être présent aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur. Donc chaque détail de la posture est important, chaque détail est à vivre délicatement, sans se faire de mal.

Pour l’éveil, ni l’intelligence, ni une vaste érudition ne sont de première importance. On entre dans la voie du Bouddha en unifiant corps et esprit. En amenant son attention, son esprit, en chaque point de la posture. Ce faisant la conscience discriminante s’assèche.
Corps et esprit unifiés, nous sommes de même nature que tout l’univers. A ce moment-là, l’intérieur est en continuité avec l’extérieur.
C’est de cette continuité que naissent à l’esprit toutes les formes… par la résonance.

Sakyamuni Bouddha dit :

« Dès que le flot de la conscience discriminante est tenu en respect, le son et celui qui l’entend sont tous deux oubliés ».

C’est là la forme la plus haute de l’éveil : la compassion, Kannon.
Le son du monde est entendu mais rien ne stagne à la conscience. C’est seulement en embrassant le monde de tout son cœur qu’il résonne à son tour dans notre cœur…

Maître Dogen précise : 

Pratiquer la voie, c’est s’étudier soi-même
S’étudier soi-même, c’est s’oublier, se dépouiller soi-même
S’oublier soi-même, c’est être certifié par les myriades de phénomènes.

En s’abandonnant dans la posture, on réalise notre profonde unité avec le monde, avec l’univers entier.