Méditation de Jeudi 26 Mars 2020 – 19 h

  • Enseignement de Tai Un Roshi.   

Il y a chez l’être humain une tendance innée à préférer l’amour à la haine.
En fait, profondément, chacun aspire à faire le bien, à écarter le mal. Et à agir ainsi pour le bénéfice de toutes les existences.
C’est comme cela que l’on dit que l’être humain a la vocation de réaliser bouddha.
Celui qui s’éveille à cette pure réalité tourne son regard vers l’intérieur.
Il regarde ses rêves et voit ceux qui s’emboîtent avec le rêve des Bouddhas. Il voit aussi ceux qui sont nourris de l’énergie des trois poisons  : l’avidité, la haine, l’ignorance.
Il faut alors beaucoup de discernement pour démêler les rêves aux fins néfastes de ceux qui ont une fin heureuse.

Réaliser Bouddha n’est pas chose facile.
Parce que Bouddha n’est pas quelque chose.
C’est la forme la plus haute du fonctionnement, c’est  le fonctionnement absolu.
Aussi nous ne pouvons pas fabriquer bouddha. Nous ne pouvons pas l’obliger, le contraindre. On ne peut qu’aspirer à vivre en bouddha, on ne peut que le rêver, faire le vœu de vivre comme bouddha.
C’est là toute la subtilité de notre pratique.

La plupart du temps notre esprit est préoccupé par le moi et le mien. Quand ce petit esprit, cet esprit personnel se calme, l’esprit vaste déploie son activité librement.
Tantôt l’activité libre se déploie, prend la première place, tantôt c’est l’activité du petit esprit qui prend la première place. On entend par là l’esprit réflexif qui se met en dualité.

Parfois nous nous fondons dans la réalité, nous n’en avons aucune représentation, tout au plus peut-on jouir de la paix et de la plénitude dans cet état.

Quoi qu’il en soit c’est le petit esprit discriminant qui la plupart du temps dirige nos vies, ou plutôt nous croyons qu’il dirige nos vies. C’est pourquoi l’être humain doit revenir à la source. Il doit pratiquer zazen et s’absorber pour retrouver l’esprit vaste. Nous devons toujours maintenir le contact avec l’ultime réalité, et ne pas dépendre uniquement du monde des représentations.

Les deux vérités existent simultanément : la réalité de Bouddha, libre de toute obstruction, à laquelle se superpose le monde des décorations, des représentations.

Par exemple en zazen, on n’essaye pas de penser ni de se couper des sensations. Si quelque chose surgit dans l’esprit, on le laisse, on n’intervient pas.
Quand l’esprit prend formes et couleurs au gré des circonstances, c’est son activité essentielle, son activité première.
En zazen nous n’ajoutons pas à cette activité première une activité seconde du genre : « Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce que c’est ? Pourquoi ça apparaît ? »

On se contente de voir : sans bouger, sans commentaire, silencieusement.

Telle est l’activité de Bouddha : la lumière et le silence.
La lumière et le silence qui existent de toute éternité.

Il suffit d’y aspirer de tous ses vœux.
Vivre par la force, par la sincérité des voeux de bodhisattva.