Sagesse et Compassion

Compassion

Statue de Kanon
Le bodhisattva Kannon

Figure mythique du bouddhisme, le « bodhisattva » Kannon symbolise la compassion.

Représentée sous les traits d’une femme, d’un homme, avec mille bras… :  elle a en réalité une infinité d’avatars. 

C’est une figure centrale qui nous rappelle que le zen s’adresse avant tout à l’ouverture du coeur.

Le nom de notre monastère de référence vient de l’association de trois kanjis qui signifient « monastère de la lumière de Kannon » (Kanshoji).

Sagesse

Portée par les enseignements des maîtres zen et par la riche littérature bouddhique, la pratique du zen nous enmène au-delà des  mots et des discours philosophiques !

Le monde essentiel ne peut être saisi par la contemplation intellectuelle ni par le raisonnement ou la conceptualisation philosophique.
On ne peut le réaliser que dans notre propre expérience de vie…
C’est donc assez insensé d’essayer de comprendre en suivant la signification des mots. On ne peut jamais l’atteindre de cette manière. C’est juste comme essayer de toucher la lune avec un bâton  ou de gratter une démangeaison du pied à travers la chaussure..
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(Extrait de « Porte sans porte, recueil de Koans commentés par KounYamada)

Le zen est une pratique vivante qui dépasse les clivages du mental. Corps et esprit se retrouvent en unité profonde. 

bodhisattva Manjushri
Figure symbolique du bouddhisme, le bodhisattva Majushri, ayant dompté les démons du mental.

Dompter les démons : Shikantaza

La posture assise est la racine du zen. Zazen  est composé de deux kanji qui signifient « za »: assis et« zen » : contemplation, « sagesse active », concentration.
Zazen est « shikantaza »:  simplement, uniquement, totalement assis. On parle aussi de dépouillement, de dépassement, ou de « lâcher-prise ».
Ce dépassement ne peut être obtenu que par une grande discipline : laisser passer toutes les idées, images, pulsions, émotions qui surgissent…  En un mot, abandonner l’agitation mentale!
Observer simplement sans saisir, sans fuir…
L’esprit alors se nettoie, devient transparent.

L’eau de notre esprit est la limpidité même
Et l’on peut la scruter sans en voir les limites
Mais dès lors que se forme la moindre pensée
Il s’interpose une infinité d’apparences.
En s’y attachant, on leur prête une existence;
On les suit, sans pouvoir revenir de sitôt!
Comme il est navrant que dans la folle ivresse
On porte toutes les entraves passionnelles

(Ryokan, moine et poète zen, vers 1818)

Notre plus grand souçi durant zazen devrait être la posture juste, l’unité du corps et de l’esprit. Effacer toute tension inutile dans le corps, toute intention dans l’esprit… 
On ne médite pas sur un objet, sur nos souçis, on laisse apparaître et disparaître les formations mentales « comme fondent les flocons de neige sur la braise », sans jamais s’en saisir, jusqu’à ce que le ciel se dégage !

Le « Filet d’Indra » : une allégorie qui illustre l’esprit de sagesse et de compassion.

C’est une image qui fait son apparition dans un des plus anciens sutra bouddhiste ( Le Sutra de l’ornementation fleurie). 
Il s’agit d’un filet de fils invisibles dans lequel, à chaque intersection, se forme une perle de conscience.
Chaque perle est reliée à toutes les autres par ces fils… En même temps, chaque perle de conscience se reflète dans les autres, tandis qu’inversément, les myriades d’autres perles se reflètent en chaque perle singulière.
Cependant, comme les fils ne sont pas apparents, les perles de conscience ne réalisent pas leur nature profonde…

User d’une perche pour sonder les grands fonds
Soyez en conscient, c’est pure sottise

Ryokan ,Poèmes de l’Ermitage (Extrait)

 

 

 

A l'origine de la pleine conscience.

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