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Agenda de l’été

Cher(e)s ami(e)s, 
 
J’ai le plaisir de vous confirmer les prochaines séances de zazen au CEME, 147 rue des Français à Dampremy. 
 
Horaires : 
 
Le dimanche : Vestiaire à 18 h – assis en posture à 18 h 15
Le mardi : Vestiaire à 18 h 45 , assis en posture  à 19 h
 
Ce dimanche 5 juillet  – 18h 
Mardi 7 juillet
Dimanche 12 juillet  
Mardi 14 juillet
 
Si vous n’êtes plus venus depuis un moment, vous êtes bienvenu(e). 
Merci cependant de me contacter : 0498 22 16 76 
> Numéro utile aussi si vous cherchez la salle sur le moment – le CEME est grand ; )  Merci ! 
 
Ensuite, nous devrions reprendre dès le 28 juilletDates à confirmer. 
 
(M 28 juillet – D 2 août – M 4 août – D 9 août – M 11 août – D 16 août – M 18 août /–/ D 30 août )
 
Cordialement 
Gassho 
 
Jean-Philippe 

Enseignement du 21 juin

« J’entre dans la montagne profonde où j’habite un ermitage,
Sous le grand pin d’une cime escarpée plongeant dans l’abîme,
Je m’assois tranquille et sans soucis dans mon humble demeure,
Retraite silencieuse, sereine simplicité »

Extrait du Shodoka, Yoka Daichi

L’ermitage dont il est question ici est un lieu où il n’existe aucune trace humaine. Dogen Zengi précise : « les poussières du monde ne l’atteingnent pas ». Dans cet endroit la neige tombe en silence, l’homme est immobile. De quel monde s’agit-il? C’est le monde de l’être humain seul avec lui-même, sa montagne profonde où il se retire loin du bruit et des activités de la vie… Seul avec soi-même, telle est la voie de la religion authentique. Quand on est face à quelqu’un, on entre en scène et on joue un rôle. La plupart des choses sont faites sous le regard d’autrui, mais le lieu où personne ne vous voit, où vous vous avec vous-même, c’est votre montagne profonde. 

Quand on n peut plus se mentir à soi-même et que ce soi-même ne peut plus vous tromper, c’est la montagne profonde.

Yoka Daichi dit :

«  Où que tue sois, quand tu es sans pensée, c’est la montagne. Où que soit cette montagne bleue, tu es chez toi ».

C’est exactement le sens de « j’entre dans la montagne profonde »

Il n’est pas nécessaire que le lieu soit isolé ou hors de portée des bruits… Que ce soit sur une grand place, dans le train, qu’importe ! On s’empoigne et on lâche pas prise…

… Ce n’est pas la montagne profonde si les choses se partagent entre celles qu’on aime et celles qu’on n’aime pas, c’est un village. … Où que l’on soit, on est paisible et heureux dans la posture digne où on ne « saisit » pas.

Extrait du commentaire du Shodoka, par Kodo Sawaki. 

Enseignement du 16 juin

Nous nous faisons toujours duper par la réalité. 

Nous détestons souffrir et nous aimons le plaisir ; nous détestons le travail et nous aimons dormir. 

Aussi sommes nous toujours en train de fuir ou de poursuivre quelque chose dans un tourbillon d’activités :…

On agite les pensées, on poursuit des situations imaginaires, on fait des stratégies, on calcule…

Nous faisons le contraire de « l’homme tranquille qui a cessé d’étudier et d’agir… Qui n’écarte pas les illusions et ne recherche plus la vérité… »

C’est ainsi que se comporte l’être humain, alors que le plus grand bonheur est justement de ne pas bouger .

Tel est l’enseignement des Bouddhas du passé… 

Laisser les choses apparaître et disparaître d’elles-même… Voir avec nos yeux de profonde sagesse la vraie nature des choses…

Maître Menzan dit : la lumière originelle brille d’elle-même, alors il n’y a pas besoin d’un combat mental.

C’est vivre et mourir dans l’instant, vivre et mourir à chaque instant.

Enseignement du Dimanche 7 juin

(Enseignement de Tai Un Roshi.) 

Comment donner un sens à notre vie ? 
Comment trouver la paix de l’esprit ?

Maître Dogen répond dans le Fukanzazengi, nous indique de « reculer », tourner la lumière vers l’intérieur et éclairer.
Reculer : c’est laisser tomber nos questions sans intérêt, mais aussi nos certitudes, nos affirmations, nos croyances… 
C’est abandonner momentanément le monde du mental : arrêter de nous angoisser sur l’avenir, arrêter de vouloir le connaître à l’avance… 
Tout cela est motivé  par la peur…

Il vaut mieux s’engager dans un grand projet (!) : celui d’y voir clair ici et maintenant .
C’est avec cette lucidité que l’on peut se consacrer de tout coeur à la vie qui nous échoit. 

Voilà pourquoi maître Dogen nous demande de ne pas chercher chez les autres, de ne pas regarder chez les autres ou dans les livres, mais de regarder en tournant la lumière vers l’intérieur. Regarder en nous sans peur, avec confiance.

Car nous sommes la vie, la vérité ! Regarder en nous car nous sommes la vérité, la vie !
Tourner la lumière vers l’intérieur et éclairer l’esprit : le nôtre, celui de l’univers…

A ce moment là on peut voir le véritable aspect de toutes choses : toutes choses qui apparaissent et disparaissent d’elles-mêmes … C’est naître et mourir dans l’instant, à chaque instant.

Agenda de Juin 2020

Suite à la crise sanitaire, nous avons repris le zazen dans un nouveau lieu, nous offrant plus d’espace :

Centre de congrès CEME –  147 rue des Français – 6020 Dampremy. 

Si vous n’êtes pas à jour de cotisation, bienvenue…   Il est cependant obligatoire d’annoncer votre venue par téléphone au 0498 22 16 76 afin que nous organisions le dojo en fonction.

D’avance, merci beaucoup ! 

Nous continuons à faire des initiations au zazen sur demande.

Si vous arrivez sur ce site par hasard, que vous ignorez tout du zen ou êtes simplement curieux,  nous vous proposons de visionner cette présentation.  

https://www.youtube.com/watch?v=jyCbBSoloZc

Si cette pratique vous intéresse, n’hésitez pas à nous contacter à ce même numéro : nous pourrons prendre rdv. une heure avant zazen.  
(Il  demandé une contribution de 7 € pour l’initiation et le zazen.) 

Les dates et heures des zazen du mois de juin : 

Dimanche 14 juin : 18h – 20 h 

Mardi 16 juin : 19 h – 21h

Dimanche 21 juin : 18h – 20 h 

Dimanche 28 juin : 18 h – 20 h 

Mardi 30 juin : 19 h – 21 h 

Cordialement

Le responsable : Zengan – Jean-Philippe Goffaux 
Dojo affilié à L’ AZK (Association Zen Kanshoji) et AZI (Association Zen Internationale) 

 

 

 

 

Zazen du 4 juin

« Notre vie, c’est la vie de l’univers, sans séparation avec toutes les existences. »

Pour clore cette période de confinement, voici trois courts poèmes de Dogen Zengi. Ils sont datés de 1252 et issus du recueil intitulé « Les chants de la voie du Pin parasol » :

*

Dans le vent du printemps
Avec les pétales est tombée
Une parole, que je venais de citer
Ne pourrait-on imaginer
Que c’était le chant de la fleur ?

*

Fleurs, feuilles rouges,
Neige de l’hiver
Quelle dérision !
La couleur de mon esprit
Ne dépendait que des saisons.

*

J’espère,
Ne pas glisser et jeter mon ombre
Dans le torrent de la montagne.
J’ai trop de respect…
Pour ce qui coule vers le monde

*

(Réf.  Polir le lune et labourer les nuages – Maître Dogen. Oeuvres présentées et traduites par Jacques Brosse. Ed. Spiritualité vivantes – Albin Michel )

 

Zazen 2 juin

(Extrait du zazen en ligne du samedi 30 mai à Kanshoji.) 

Mener une vie juste et authentique demande d’avoir la foi. 

Dans le bouddhisme la foi n’est pas la foi en « quelque chose ». Ce n’est pas la foi en une croyance, ou en des superstitions. On ne croit pas qu’une puissance extérieure puisse nous « sauver » ou bien résoudre le problème de la vie et de la mort à notre place. Ainsi nous arrêtons de vivre comme des mendiants.

La foi, c’est la non séparation d’avec la réalité.
C’est donc la force et la sagesse, les deux sont nécessaires :

La force de l’esprit qui coupe court à toutes divagations.
La sagesse, celle qui amène sur l’autre rive : la rive de la compassion.

Nous pouvons voir par cette pandémie que notre vie est infiniment fragile, que notre avenir est incertain. 
Nous avons eu la chance extraordinaire, unique, de prendre forme humaine. Cette vie est semblable à la goutte d’eau suspendue au bec de l’oiseau aquatique. Prête à tomber à tout moment, à retourner à l’océan originel.

Face à cette réalité inéluctable, certains choisissent une vie matérialiste qui se résume à profiter, à éprouver un maximum de plaisir. Une telle vie est égoïste, sans lumière ! Elle ne peut satisfaire l’être humain.
Même si notre vie traverse l’éternité comme un éclair, elle est merveilleuse… Merveilleuse, à condition qu’on la vive dans la vérité, sans se raconter d’histoires.
Notre vie, c’est la vie de l’univers, sans séparation avec toutes les existences. 
Devant cette réalité, les Bouddhas nous demandent de bien réfléchir à notre façon de vivre. La façon de vivre des Bouddhas, c’est de vivre de tout son coeur, c’est à dire avec foi : avec force et sagesse.

Ce que l’être humain doit chérir plus que tout, c’est l’instant présent. Car c’est dans cet instant que nous recevons la vie de l’univers. 
Chérir l’instant présent c’est maintenir une attention bienveillante à tout ce qui advient. C’est respecter toutes les formes de vie, même les plus minuscules. C’est être au service de toutes les existences… C’est l’amour véritable.

 

 

Zazen du 28 mai

Les « quatre nobles vérités » sont un des enseignements de base du Bouddha.
Elles sont dites « nobles » car elles permettent de nous éveiller.
Ces quatre vérité on trait à  la souffrance, ses causes, la possibilité de s’en libérer et la voie pour s’en libérer. 

En ce qui concerne les causes de la souffrance, ce sont fondamentalement la « soif »,l’avidité passionnée, et l’ignorance logée au coeur de cette soif qui sont exposées.
Dans le zen on évoque également la haine ou la colère, on parle ainsi des « trois poisons » que sont l’ignorance, l’avidité et la haine.  
Parfois on y ajoute encore l’orgueil et la jalousie, soulignant que pour une personne orgueilleuse, attachée au moi et au mien, il est quasiment impossible d’entrer dans la voie… 
En fait, un série innombrable d’illusions résulte de l’ignorance et de la soif par lesquelles on saisit les phénomènes d’une manière erronée.  

Mais toutes ces illusions qui empoisonnent la vie comportent aussi un aspect de présence éveillée.
Si grâce à la vigilance, nous n’entrons pas dans la saisie ou l’attachement par rapport aux émotions conflictuelles, suscitées par les phénomènes, une sagesse s’en dégage.
C’est le coeur de la  pratique. 

La troisième noble vérité concerne cette sagesse, la possibilité de se libérer de la souffrance : l’ignorance qui est à l’origine de notre souffrance n’est fondamentalement qu’une perception erronée des choses.
Nous prenons pour réelles des choses qui ne le sont pas.
Ainsi est-il dit que « tous les phénomènes sont vides et dépourvus de soi »…
Cela n’est en rien une vue nihiliste : c’est faire l’expérience de la réalité telle qu’elle est : une expérience de libération, en unité avec toutes les existences…

Les notions de moi été de mien que nous plaquons sur les phénomènes ne font en réalité pas partie des phénomènes eux-mêmes. Ce sont des vues de notre esprit. 
Il s’ensuit qu’il est possible d’éliminer l’ignorance qui est à l’origine de la souffrance, de nos poisons mentaux…

Une fois l’ignorance éliminée, la paix qui s’installe est celle d’un bonheur immuable et authentique. C’est ce qu’on entend par « le nirvana est la paix véritable ». 

(Références : « La grande paix de l’Esprit », La Dalaï Lama, ed. La table Ronde 2008 ) 

Zazen du 26 mai

Quand l’esprit ne s’arrête nulle part, alors le véritable esprit apparaît. 

Dans le zen (dans le bouddhisme mahayana en général), on met bien souvent en garde contre l’illusion de penser réaliser le nirvana, l’éveil, séparément de la vie quotidienne, ou bien de la pratique du recueillement, corps et esprit en unité.

Ainsi maître Dogen insiste sur le fait que pratique et éveil ne sont pas deux choses séparées.

C’est plongé au coeur des formes, sans créer de séparations artificielles, que nous pratiquons et réalisons l’éveil… Nulle part où s’arrêter… 

Le moine Tich Nath Han enseigne :

De même que la rose ne peut être séparée des nuages, du soleil, de la terre et de la pluie, l’enseignement du Bouddha ne peut être découvert hors de la vie quotidienne. 
Aucun Dharma – qu’il s’agisse du « sublime et parfait esprit d’éveil », de « l’évidence du réel », d’une rose, du fait de manger ou de laver la vaisselle, d’un ami, des enseignements du Bouddha (…) ne saurait être saisi ou décrit.

Pourquoi croyons nous que les choses peuvent exister séparément les unes des autres ? Parce que nous les percevons comme ayant un commencement et une fin. Mais il est en réalité impossible de trouver le commencement ou la fin de quelque chose.
Lorsque vous observez un ami qui vous est cher, vous pouvez croire que vous le comprenez complètement – mais comment pourriez-vous comprendre un fleuve de réalité?
A chaque instant, nombre de dharmas extérieurs à son unité le traversent de tous côtés. 
En fait, vous ne sauriez avoir la moindre prise sur lui.
A considérer son apparence, ses sentiments, ses perceptions, ses formations mentales et sa conscience, vous pouvez croire qu’il est assis ici près de vous – mais il est ailleurs au même instant. 
I
ll se trouve à la fois dans le présent, dans le passé et dans l’avenir.
Votre ami, « l’évidence du réel », la rose, ne peuvent être saisis parce qu’ils sont sans commencement ni fin.
Leur présence est profondément liée à toutes les réalités de l’univers.

Zazen du 21 mai

La concentration zen ne doit pas donner lieu à des tensions. 

 « Quand l’esprit ne s’arrête sur rien, alors le véritable esprit apparaît »    
                   (Sutra du Diamant) 

Comment concilier impermanence et unité ? 

Kodo Sawaki évoque la fusion de la concentration et de la sagesse en un tout limpide…  Cette fusion n’est pas du ressort du raisonnement : 

« La concentration zen embrasse l’espace, le temps et toutes choses dans une même transparence.
Mais cette unité limpide de forme sans forme, immuable et immobile comme l’éternité, se métamorphose et se renouvelle sans cesse.
La sagesse zen est cet éternel changement.

Concentration et sagesse ne sont pas deux choses distinctes. Il n’y a pas concentration ici et sagesse là-bas, elles ne font qu’un . 

« Mystère de la sagesse immobile » : cela exprime l’essence du zen. 

Le mystère, c’est la fusion totale de l’esprit immobile, concentré et de la sagesse qui change et innove constamment.  »

Tourner son regard vers l’intérieur, s’ouvrir à toute choses sans saisir ni rejeter…
« Voir avec ses yeux de profonde sagesse ».